 | 11 décembre 2008
Finances Sénateur Marini : "la chasse aux petits"
Monsieur Philippe MARINI Sénateur Maire de Compiègne Président de l'agglomération de la région de Compiègne Avocat à la Cour Inspecteur des finances Diplômé de l' I.E.P. de Paris - ancien élève de l' ENA Ex-candidat à la présidence du Sénat
Monsieur Le Sénateur,
C’est à ce seul et simple titre, parmi les nombreux autres mandats, professions et qualités, tout à fait impressionnants qui sont les vôtres que je me permets de vous faire parvenir ce courrier. Ces derniers temps, en votre qualité de président de la commission des finances du Sénat, vous avez démontré une intense activité.
Sachant que votre noble préoccupation était de veiller à la bonne santé des finances publiques cela a suscité de ma part beaucoup d’intérêt.
Tout d’abord, votre proposition, fort heureusement rejetée, certainement dénuée de toute arrière pensée, qui était censée permettre aux « seuls ? » « petits porteurs » de déduire en partie leurs pertes enregistrées en Bourse de leurs revenus imposables. Surprenante en ces temps où la chasse aux spéculateurs est …ouverte ?
Ensuite, par contre, grande victoire pour vous, la suppression sur votre proposition, par vos collègues du Sénat de la demie part fiscale des parents isolés n'ayant plus d'enfants à charge.
Ce qui, indéniablement, démontre une parfaite méconnaissance de l’évolution de la société dans laquelle nous sommes et les difficultés qui s’imposent aux personnes seules, en particulier les femmes qui travaillent.
La cohérence et la justice sociale ne s’apprennent pas, semble-t- il, à l’ENA?
Je sais que vous ne pouvez pas penser à tout, surtout du fait de vos nombreux centres d’intérêt et responsabilités.
Pourtant je suis très surpris que vous n’ayez pas pensé à faire d’autres propositions de nature à alléger le « char de l’Etat », cela, qui plus est, au bénéfice de la collectivité.
Aussi je m’autorise à vous faire quelques remarques et suggestions.
Tout d’abord vous qui avez l’art de traquer, chez les autres, les injustices, voire les privilèges,
- comment se fait-il que vous ne vous soyez pas opposé, avec courage, à l’augmentation du nombre, déjà, scandaleux de sénateurs ? Voire même à une réduction de leurs indemnités et autres avantages cela au nom de la simple solidarité?
- comment se fait-il que vous ne vous soyez pas opposé à l’adoption du « bouclier fiscal » qui est insulte faite à ceux « qui n’ont pas les moyens de spéculer » et dont le montant non négligeable « en ces temps de crise » manque cruellement dans le budget national ?
- comment se fait-il que vous ne vous soyez pas opposé et n’ayez pas proposé d’abroger la loi, également scandaleuse, concernant les indemnités versées aux élus battus ou ne s’étant pas représentés lors des dernières législatives.
Une belle économie à réaliser en même temps qu’une belle démonstration de ce qui serait apparu comme une recherche éthique ...de l’équité…
- comment se peut-il qu’à un moment ou à un autre, vous ait échappé l’idée de proposer de réformer la loi de 1995 concernant le financement des partis politiques qui permet aujourd’hui aux deux cartels (ils réalisent même des OPA !) qui depuis 30 ans « mènent le Pays » plus qu’ils ne le gouvernent, de se partager un véritable pactole, en toute indécence ?
Je n’oublie pas pour autant leur grand altruisme.
En 2005, les partis ont en effet décliné la possibilité de bénéficier de 36 millions d'euros sur cinq ans. Il est vrai que ce n’était pas pour une noble raison, mais comme nous en informait l'Observatoire de la parité, c’est parce qu’ils avaient préféré les laisser dans les caisses de l'Etat, « à titre d'amendes » plutôt que de présenter… des candidates féminines.
Outre l’économie, là encore réalisée, cela aurait permis de redonner plus d’indépendance aux élus devenus godillots, aurait évité les abus de position dominante des deux partis et permis de faciliter l’émergence de nouvelles compétences en s’appuyant sur l’apport d’une part de représentation proportionnelle.
J’arrête là cette énumération, pour ne point vous imposer la lecture d’une liste trop longue, fastidieuse, qu’en fait vous connaissez mieux que moi et dont je ne doute pas vous allez vous emparer pour démontrer votre grand attachement républicain, par-dessus tout corporatisme, à la défense des intérêts de l’ensemble de la collectivité.
Ce qui permettra peut-être de plus, de redonner un peu de crédit aux mandats des élus et ainsi de pouvoir donner des rasons de les respecter. Ce qui est parfois difficile à faire aujourd’hui, vous l’admettrez, pour beaucoup d’entre eux.
Je n’ai pas évoqué avec vous, la loi contre le cumul des mandats.
En effet, du fait de vos charges, je ne pense pas que vous puissiez en être le meilleur défenseur. Pour le reste…
Je reste à votre disposition.
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